Smc Spl
Compresseur stéréo 3 bandes à lampes
M.
John Ambrose Fleming a inventé la lampe "valve, tube " thermionique en 1904 (le mot thermionique signifiant que lorsque sa cathode est chauffée, elle émet des électrons).
Lee De Forest lui rajoute une électrode en 1906 : la triode est née, on lui doit toute l'électronique des postes de radio notamment.
Mais dès l'invention du transistor, en 1947 dans les laboratoires Bell, une nouvelle ère commence.
Les avantages de ce nouveau composant sont significatifs : compacité, robustesse, tensions d'alimentation inférieures, consommation électrique réduite, pas besoin de circuit de chauffage (filament).
Vers 1970, le transistor, disponible en de nombreuses variantes, s'est répandu dans tous les secteurs de l'électronique, grand public comme professionnelle, informatique comme audio.
Un seul domaine lui reste interdit : les amplificateurs de très grande puissance (supérieure à 100 kW) utilisés dans les émetteurs de radio et de télévision.
Aujourd'hui encore, les lampes géantes y règnent en maître
Pourquoi s'obstiner à utiliser des lampes dans des appareils audio ?
La réputation des lampes s'est beaucoup ternie dans les années 60 et 70.
Pour beaucoup, ces composants étaient entachés de bruit de fond, manquaient de fiabilité, généraient des taux de distorsion élevés et souffraient de surcroît d'une grande fragilité.
Pour rétablir une certaine honnêteté historique, il convient de souligner que la plupart de ces accusations découlaient directement d'appareils mal conçus (trop bon marché ! ), de lampes mal fabriquées et de transformateurs audio de mauvaise qualité.
C'est vrai, la durée de vie moyenne d'une lampe est inférieure à celle d'un transistor typique (il s'agit d'un composant thermionique ! ), puisque le matériau de sa cathode s'use physiquement ; au-delà d'un certain stade, l'émission d'électrons ne se fait plus.
Mais ce processus d'usure progressive prend plusieurs années
User et abuser
Dans un étage amplificateur bien conçu (nous ne parlons pas ici d'amplificateur de puissance), les lampes peuvent durer de nombreuses années : il n'est pas rare de voir des lampes se comporter encore parfaitement après 40 000 ou 60 000 heures de fonctionnement, voire davantage.
Si les étages amplificateurs les utilisant sont bien conçus, leurs composants sont de bonne qualité, et vous disposerez d'un appareil fiable, d'une excellente qualité sonore, que vous pourrez utiliser pendant des années sans aucune panne.
Autre avantage lié aux lampes : elles résistent à des surcharges occasionnelles assez prononcées (en tension ou en intensité), là où un transistor grillera à la moindre surcharge instantanée.
La plupart des lampes d'un modèle récent sont plutôt robustes, et résistent à des sollicitations physiques plutôt prononcées.
Il est exact de souligner que les lampes de modèles plus ancien (avant 1935) étaient assez fragiles, mais réfléchissez à ceci : Tous les appareils militaires fabriqués jusque dans les années 60 n'utilisaient que des lampes.
C'est dire si elles encaissent !
Les avantages au niveau du son
Les lampes peuvent être conçues avec une bande passante très étendue.
Même si l'appareil comporte des transformateurs audio d'entrée et de sortie, les taux de distorsion peuvent facilement se maintenir sous la barre des 0,1 %, et il s'agit toujours de fréquences harmoniques de rang faible, bien moins désagréables à l'oreille.
Quant au niveau de bruit de fond, il ne dépasse pas celui d'un système numérique de résolution 16 ou 20 bits.
Ce dernier, en théorie, garantit un niveau de bruit situé 120 dB en dessous du niveau maximal de sortie, mais dans la pratique, il en reste assez loin.
Si vous prenez un compresseur Tube-tech Cl 1B, le niveau de bruit de fond en sortie est -90 dBu (pour un gain unitaire, soit 0 dB) ; comme le niveau de sortie maximal est > +27 dBu, on obtient un rapport signal/bruit de 117 dB !
Autre avantage d'un système analogique : il n'impose aucune limite en ce qui concerne la reproduction des signaux de faible niveau : on peut toujours percevoir un son de 1 kHz, même s'il se trouve 30 dB en dessous du seuil de bruit de fond).
Des appareils optimisés pour une seul eutilisation
Bien sûr, même si c'est possible, il n'est pas toujours faisable, dans la pratique, de proposer des appareils analogiques à lampes offrant autant de fonctionnalités que les appareils numériques
Mais même cette limitation apparente comporte un aspect positif : tous les appareils analogiques sont pourvus de commandes dédiées, un bouton ou un potentiomètre par fonction.
Pas de sélecteurs ou de potentiomètres multifonctions, pas de menus/sous-menus/sous-sous-menus, etc.
Conséquence : l'utilisation des fonctions est plus facile, plus immédiate, et vous comprenez mieux ce qui se passe !
Un siècle après leur invention par M.
Fleming, les lampes sont toujours très présentes dans le haut de gamme de l'électronique.
C'est pourquoi elles méritent d'y rester pour au moins un siècle de plus...